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 Environnement économique

Indicateurs clés

 

1- Environnement économique: Indicateur composite   
2.1- Indicateurs macroéconomiques détaillés (situation actuelle)   
2.2a- Prévisions à court-terme de la BAD (2017) (PIB, inflation, solde budgétaire, balance commerciale)     
2.2b- Prévisions à moyen-terme du FMI (2021): PIB, PIB au taux de change PPA, inflation, balance courante    
2.2c- Prévisions à moyen terme de la Banque Mondiale: PIB    
3- Environnement des affaires   
4- Revenu moyen par habitant(prévision à 2030)   
5- Exportations par catégories de produits   
6- Indice de compétitivité industrielle    
7- Indice de compétitivité manufacturière   
8- Coûts invisibles  
9- Pays qui attirent le plus les investissements directs étrangers  
10- Secteurs qui attirent le plus les investissements étrangers  
11- Niveau de performance des places financières africaines (index GFCI)  

12- Risque de crédit / Notation de la dette (Fitch, Moody’s, Standard and Poor’s) 

 

1- Indicateur composite “Environnement économique”

L’indicateur composite “Environnement économique” n’atteint un niveau satisfaisant dans aucun des 15 pays couverts par l’Observatoire. L’environnement économique est particulièrement dégradé en Algérie et en Egypte. L’analyse des indicateurs chiffrés montre que la Côte d’Ivoire, le Maroc, Maurice et le Sénégal sont les pays qui atteignent les meilleurs scores.

Selon la Banque africaine de développement: “En 2016, la croissance du PIB en volume des pays africains a marqué le pas à 2,2 %, pénalisée surtout par le repli continu des cours des produits de base et la morosité de la conjoncture internationale. Avec une progression du PIB en volume de 5,3 %, l’Afrique de l’Est fait la course en tête, devant l’Afrique du Nord à  3 %. Ailleurs sur le continent, la croissance a été anémique: au plus bas en Afrique de l’Ouest (0,4 %), sous l’effet de la récession qui frappe le Nigéria, elle ressort à 1,1 % en Afrique australe, la locomotive régionale qu’est l’Afrique du Sud affichant un faible 0,3 %”.

Source: Compilation de plusieurs sources par l’Observatoire Europe-Afrique 2020 » (Banque Africaine de Développement, COFACE).

Note: L’indicateur composite “Environnement économique” intègre les critères “Croissance du PIB”, “Inflation”, “Solde budgétaire”, “Balance commerciale” et “Risque économique”.

Date de dernière mise à jour de la carte: Mai 2017.

Echelle de notation couleurs

 

2- Indicateurs macroéconomiques détaillés

2.1- Situation actuelle (comparaison multisources)

En 2016 :

  • La croissance du PIB est restée soutenue (au delà de 5%)  dans tous les pays, sauf au Nigéria. Elle a atteint 8,4% en Côte d’Ivoire et 8% en Ethiopie.
  • L’inflation s’échelonnait entre +0,2% (Bénin et +17% (Ghana).
  • Les balances commerciales étaient toutes déficitaires.
  • Le risque économique est évalué “moyen” ou “élevé” par la Coface dans tous les pays à l’exception de Maurice.

 

Sources: Banque Africaine de Développement, Coface.

Echelle de notation du critère “Risque économique pays” (7 niveaux): A1 (risque très faible), A2, A3, A4, B, C, D (risque extrême).

Date de dernière mise à jour du tableau: Janvier 2018.

Données chiffrées détaillées (tableau Excel):   Excel_indicateur composite_ee   

 



 2.2a- Prévisions à court-terme de la BAD (période 2015-2018)

Selon la BAD, la Côte d’ivoire, l’Ethiopie, le Kenya et le Sénégal devraient enregistrer des taux de croissance de 6 à 8%  par an sur la période. En Afrique du sud, la situation économique est très préoccupante. La croissance restera inférieure à 2% en 2017 et  2018, ce qui n’est pas suffisant pour faire redécoller l’économie.

 Source: Banque africaine de Développement – Mai 2017

Date de dernière mise à jour du graphique: Mai 2017

 

En 2017, l’inflation devrait rester à un niveau très élevé en Egypte et au Nigéria. Le Bénin, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Maroc, Maurice et le Sénégal parviendront à maintenir un taux inférieur à 3%.

 Source: Banque africaine de Développement – Mai 2017

Date de dernière mise à jour du graphique: Mai 2017

 

 

Le déficit budgétaire restera contenu à un niveau inférieur à 5% du PIB sur la période considérée dans la plupart des pays, à l’exception de l’Algérie, du Bénin, de l’Egypte, du Ghana, du Kenya et de la Tunisie.  Malgré une amélioration tendancielle, il devrait demeurer extrêmement négatif en Egypte. 

 Source: Banque africaine de Développement – Mai 2017

Date de dernière mise à jour du graphique: Mai 2017

 

En 2017, le déficit de la balance commerciale restera contenu à moins de 5% du PIB en Afrique du sud, Cameroun, Côte-d’Ivoire, Egypte, Ghana, Maroc, Maurice, Nigéria et Sénégal. A contrario, il  demeurera très important (>15%) au Bénin et en Ethiopie. L’Afrique du sud devrait améliorer très sensiblement sa balance commerciale.

 Source: Banque africaine de Développement – Mai 2017

Date de dernière mise à jour du graphique: Mai 2017

 

 

2.2b- Prévisions à moyen-terme du FMI (horizon 2021)

Source: Fonds Monétaire International – “ Perspectives économiques régionales – Afrique subsaharienne – Faire redémarrer la croissance“ – Avril 2017.

“Le rythme de la croissance reste hésitant en Afrique subsaharienne. En 2016, la croissance s’est ralentie dans environ deux tiers des pays de la région — totalisant 83 % du PIB régional — et s’est chiffrée à tout juste 1½ %. Cela représente la plus faible performance en plus de vingt ans. Même le modeste rebond, avec une croissance de 2½ % attendue en 2017, sera dû pour une large part à des facteurs exceptionnels dans les trois plus grands pays — redressement de la production pétrolière au Nigéria, hausse des dépenses publiques à l’approche des élections en Angola et diminution progressive des effets de la sécheresse en Afrique du Sud — ainsi qu’à une légère amélioration de leurs termes de l’échange.

Ce chiffre global masque une hétérogénéité considérable entre pays, puisque, dans certains des plus grands pays d’Afrique de l’Ouest et de l’Est, on prévoit encore des taux de croissance de 5 % à 7½ %. Néanmoins, la dynamique régionale reste dans l’ensemble faible et, à ce rythme, les taux de croissance de l’Afrique subsaharienne vont continuer à se situer très en dessous des tendances qui prévalaient il y a encore quelques années et tout juste au-dessus du taux de croissance démographique.

Les pays les plus durement touchés par le nouveau contexte de cours pétroliers bas (Angola, Nigéria et pays de la CEMAC) ont encore du mal à se remettre des pertes de recettes et des difficultés de balance des paiements qui en ont résulté. Comme les ajustements ont été différés et demeurent encore limités dans ces pays, les retombées de la chute des prix du pétrole sur les autres secteurs continuent d’affaiblir leur économie.

Les autres pays exportateurs de produits de base, tels que le Ghana, la Zambie et le Zimbabwe, sont aussi aux prises avec d’importants déficits budgétaires.

Dans les pays peu tributaires des exportations de ressources naturelles, tels que la Côte d’Ivoire, le Kenya et le Sénégal, les déficits budgétaires sont restés élevés depuis plusieurs années, dans la mesure où les pouvoirs publics s’efforçaient, à juste titre, de remédier aux déficiences sociales et infrastructurelles. Même si la croissance demeure vigoureuse, des signes de vulnérabilité commencent à se faire jour — la dette publique s’affiche en hausse, le coût des emprunts s’est accru et, dans certains cas, des arriérés de paiement s’accumulent et le montant des créances improductives s’accroît dans le secteur bancaire, même dans un contexte de forte croissance.

Les perspectives sont aussi obscurcies par l’incidence de la sécheresse, d’infestations parasitaires et de problèmes de sécurité, de sorte que près de la moitié des pays d’Afrique subsaharienne se déclarent en situation d’insécurité alimentaire. Les effets de la sécheresse qui avait frappé la plupart des pays de l’Afrique australe en 2016 se dissipent, mais un nouvel épisode touche diverses parties de l’Afrique de l’Est, des infestations parasitaires ont des effets dévastateurs sur l’agriculture dans plusieurs pays d’Afrique australe, et l’état de famine a été déclaré au Soudan du Sud et menace le Nord-Est du Nigéria en raison des conflits passés et en cours.

Par ailleurs, l’environnement extérieur ne devrait guère être porteur. Les récentes améliorations des cours des produits de base donnent certes quelque répit, mais ne seront pas suffisantes pour remédier aux déséquilibres dont souffrent actuellement les pays riches en ressources naturelles. La perspective de la normalisation de la politique monétaire américaine pourrait causer un nouveau durcissement des conditions de financement extérieur, ce qui accentue la nécessité de mettre en oeuvre des politiques adaptées au niveau national”.

 

La Côte d’Ivoire, l’Ethiopie et le Sénégal sont les trois pays où la croissance devrait être la plus élevée à moyen-terme. A contrario, l’Afrique du sud, l’Algérie et le Nigéria verront leur situation de relative stagnation économique se prolonger. Le FMI a revu drastiquement à la baisse les prévisions de croissance du Nigéria (9% en pourcentage cumulé sur 7 an contre 26% il y a un an).

Source: FMI

Note: Le pourcentage indiqué après le nom de chaque pays correspond à la croissance cumulée sur la période 2015-2022.

Date de dernière mise à jour du graphique: Août 2017.

 

 

Source: FMI

Note: Le pourcentage indiqué après le nom de chaque pays correspond à la croissance cumulée sur la période 2015-2022.

Date de dernière mise à  jour du graphique: Août 2017.

Définition: Annual percentages of constant price GDP are year-on-year changes. Expenditure-based GDP is total final expenditures at purchasers’ prices (including the f.o.b. value of exports of goods and services), less the f.o.b. value of imports of goods and services. [SNA 1993].

 

Sur la base de l’évolution des PIB basés sur le taux de change PPA, quatre pays s’affirmeront à moyen-terme comme des grandes puissances économiques parmi les 15 pays couverts par l’Observatoire: l’Egypte, le Nigéria, l’Afrique du sud et l’Algérie

Source: FMI

Date de dernière mise à jour du graphique: Août 2017

Note: Le pourcentage indiqué après le nom de chaque pays correspond à la croissance cumulée sur la période 2015-2022.

Source: FMI

Note: Le pourcentage indiqué après le nom de chaque pays correspond à la croissance cumulée sur la période 2015-2022

Définition: Gross domestic product based on purchasing-power-parity (PPP) valuation of country GDP (Current international dollar).  The IMF is not a primary source for purchasing power parity (PPP) data. For primary source information, please refer to one of the following sources: the Organization for Economic Cooperation and Development, the World Bank, or the Penn World Tables.

 

Les prévisions d’inflation à moyen-terme sont extrêmement contrastées selon les pays. L’inflation sera particulièrement élevée au Nigéria, et dans une moindre mesure en Egypte. A contrario, le Bénin, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Maroc et le Sénégal devraient contenir leur taux d’inflation en dessous de 2%.

Source: FMI

Date de dernière mise à jour du graphique: Août 2017

Note: Le pourcentage indiqué après le nom de chaque pays correspond au taux d’inflation cumulé sur la période 201452022.

 

 

 Source: FMI

Note: Le pourcentage indiqué après le nom de chaque pays correspond au taux d’inflation cumulé sur la période 2015-2022.

 

 

Pour tous les pays couverts par l’Observatoire, la tendance à l’horizon 2021 est globalement à  la réduction des déficits de la balance courante. Le Cameroun, la Côte d’Ivoire, l’Egypte, le Maroc et Maurice devraient parvenir à réduire le déficit de leur balance courante en dessous de 3% (en % du PIB). 

Source: FMI

 

 

 Source: FMI

Date de dernière mise à jour du graphique: Août 2017

Définition: Current account is all transactions other than those in financial and capital items. The major classifications are goods and services, income and current transfers. The focus of the BOP is on transactions (between an economy and the rest of the world) in goods, services, and income.

 

2.2-c Prévisions d’évolution du PIB à moyen-terme (Banque Mondiale)

Source: Banque Mondiale: “Rapport Africa-Pulse –  Une analyse des enjeux façonnant l’avenir économique de l’Afrique” – Avril 2018

POINTS CLES

Les estimations montrent que la croissance économique de la région est remontée de 1,5 % en 2016 à 2,6 % en 2017.Du côté de l’offre, cette reprise reflète la hausse de la production pétrolière et des métaux, encouragée par le redressement des prix des matières premières et l’amélioration des conditions agricoles,  suite aux sécheresses. Du côté de la demande, la croissance provient d’un rebond de la consommation accompagné d’un recul de l’inflation, et d’une relance des investissements fixes alors que l’activité économique reprenait pour les exportateurs de pétrole et de métaux.

Les données récentes indiquent un renforcement modéré de la croissance dans la région. La croissance devrait remonter à 3,1 % en 2018, pour se fixer à 3,6 % en moyenne en 2019-2020,reflétant une reprise progressive de la croissance au Nigéria, en Afrique du Sud et en Angola – les grandes puissances économiques de la région. Ces prévisions ont été établies sur la base d’une stabilisation attendue des prix du pétrole et des métaux, de la poursuite de l’expansion vigoureuse du commerce mondial, du maintien des conditions favorables du marché financier extérieur, ainsi que d’une mise en oeuvre par les gouvernements de la région de réformes destinées à corriger les déséquilibres macro-économiques et à encourager l’investissement.

De nombreux défis subsistent : la croissance dans les secteurs industriels non liés aux ressources des pays exportateurs de pétrole de métaux n’est toujours pas repartie, soulignant la faible transformation structurelle de la région ; l’offre d’emplois décents n’a pas suivi le même rythme que l’entrée des nouveaux arrivants sur le marché du travail ; la dette publique est élevée et en augmentation, menaçant la soutenabilité de la dette ; et la pauvreté est généralisée. Bien que la croissance du produit intérieur brut (PIB) par habitant devrait devenir positive dans la région en 2018, elle restera insuffisante pour réduire significativement la pauvreté. L’indice numérique de pauvreté établi à partir du seuil international de pauvreté (1,90 dollar par jour en PPA de 2011) ne devrait diminuer que légèrement.

Les possibilités de soutenir la croissance par le biais des politiques axées sur la demande sont limitées. Un resserrement des politiques budgétaires semble rester de rigueur vu la nécessité de faire face à des niveaux de dette élevés et en augmentation, et celle de remettre en place des volants de sécurité pour améliorer la résilience. D’un autre côté, la baisse de la pression sur les prix, due à l’amélioration constante de la production agricole, et la plus grande stabilité monétaire devraient permettre un assouplissement de la politique monétaire dans certains pays. Cependant, en l’absence d’une nouvelle réforme structurelle, les progrès visant à créer un environnement plus favorable aux activités du secteur privé ne pourront pas aboutir, et l’accélération de la croissance du PIB à court terme dans la région s’annonce difficile.

La région devrait connaître une croissance modérée, mais avec des écarts considérables entre les pays. Parmi les principales économies d’Afrique subsaharienne, le Nigéria verra son activité économique plombée par une reprise du secteur pétrolier moins rapide que prévu et par la persistance des difficultés rencontrées par les secteurs non pétroliers. Les prévisions de croissance pour l’Angola et l’Afrique du Sud ont été revues légèrement à la hausse. En Angola, ces révisions reflètent l’espoir d’assister à un rebond de l’activité économique grâce à une plus grande efficacité dans le système d’affectation des devises, une disponibilité accrue de ces dernières vu l’amélioration des cours pétroliers, une hausse de la production de gaz naturel et le renforcement de la confiance des entreprises. En Afrique du Sud, un ralentissement de l’inflation et un renforcement de la confiance des entreprises devraient contribuer à poursuivre le redressement de la demande intérieure, en particulier dans les investissements. Cependant, bien que les transitions politiques aient fait naître des opportunités de réformes en Angola et en Afrique du Sud, chacun de ces pays fait face à des défis importants lorsqu’il s’agit de traduire des attentes en matière de réforme sous forme d’un accroissement des investissements et d’une accélération de la croissance.

Une reprise inégale est attendue dans les autres pays exportateurs de pétrole et métaux. La hausse de la production minière à mesure que de nouveaux projets deviennent opérationnels combinée à des prix stables des produits de base devrait relancer la croissance dans certains pays, dont la République démocratique du Congo, la Mauritanie et la Zambie. Mais la croissance sera modérée dans d’autres, reflétant une reprise plus progressive dans le secteur minier. La relance de certains exportateurs de pétrole membres de la CEMAC sera plus lente que prévu précédemment, en raison de la nécessité de poursuivre l’assainissement budgétaire pour s’ajuster à des niveaux d’endettement élevés et à des réserves externes faibles.

L’activité des pays moins riches en ressources devrait rester dynamique en 2018 et 2019-2020. Les pays de l’UEMOA, avec la Côte d’Ivoire et le Sénégal en tête, conserveront une croissance solide soutenue par des investissements d’infrastructure. Après un fléchissement en 2017, les perspectives de croissance sont à la hausse dans la majeure partie de l’Afrique de l’Est, y compris le Kenya, l’Ouganda et le Rwanda, grâce à l’amélioration de la croissance du secteur agricole après les sécheresses et à un rebond de la croissance des crédits au secteur privé.

Pour ce qui est de l’Éthiopie, la croissance devrait ralentir quelque peu en raison d’un resserrement des politiques pour contenir l’inflation, mais elle devrait rester élevée grâce au maintien des investissements publics d’infrastructure.

RÉSILIENCE DE LA CROISSANCE : BILAN

Globalement, les turbulences extérieures et les vulnérabilités macroéconomiques en 2015-2017 ont eu de fortes répercussions sur la résilience des trajectoires de croissance des pays d’Afrique subsaharienne. L’édition d’avril 2017 du rapport Africa’s Pulse a classé 45 pays de la région en quatre groupes en fonction du taux de croissance annuel moyen de leur PIB en 1995-2008 et 2015-2017. Nous revoyons ici cette classification en utilisant les taux de croissance pour 2015-2018. Cette période plus récente reflète mieux la résilience des pays face à la chute des prix des produits de base en 2014-2015 ; l’étroitesse de leur marge de manoeuvre macroéconomique ; et la pertinence de leurs mesures de politique économique. Les seuils utilisés pour classer ces pays restent les mêmes, à savoir les terciles supérieur et inférieur du taux de croissance annuel moyen des 45 pays entre 1995 et 2008, soit 5,4 % et 3,5 % respectivement.

Selon les données les plus récentes, onze pays ont connu un taux de croissance supérieur à 5,4 % en 2015-2018 (par opposition à sept pays dans l’édition d’avril 2017 d’Africa’s Pulse). Ces onze pays sont le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Kenya, le Mali, le Rwanda, le Sénégal et la Tanzanie. Ces pays abritent près d’un tiers de la population de la région et représentent 20 % du PIB total de cette région. Pour la plupart des pays performants de la région (à savoir, les pays « établis » et « en progression »), la croissance a été stimulée par l’efficacité de l’investissement et des exportations – bien que, pour certains pays, la hausse des investissements se soit produite au détriment de l’efficacité des dépenses. Alors que les pays du groupe des pays établis (Burkina Faso, Éthiopie, Rwanda et Tanzanie) ne sont pas riches en ressources, les performances de croissance de certains des pays en progression ont été stimulées par des prix de produits de base plus favorables et par la reprise de la production des produits de base correspondants. Par exemple, l’expansion de l’activité économique dans certains de ces pays a été soutenue par un rebond de l’agriculture (Côte d’Ivoire et Mali) et, en partie, par l’amélioration des prix internationaux des produits de base correspondants (noix de cajou en Guinée-Bissau).

Pour les pays « coincés au milieu », avec des taux de croissance annuelle inférieurs à 5,4 % en 2015-2018, la croissance a surtout été tirée par la consommation (publique et privée). Les pays dont la croissance a été stimulée par les investissements ont rencontré des problèmes d’inefficacité des dépenses. Dans certains de ces pays, en particulier parmi les pays exportateurs de produits de base, l’augmentation des revenus due à l’amélioration des termes de l’échange pourrait expliquer l’expansion de la consommation. Ce groupe de pays abrite près d’un quart de la population de la région et représente 14 % du PIB total de la région.

Les pays dont les performances économiques se sont essoufflées en 2015-2018 par rapport à 1995-2008 représentent près de 40 % de la population de la région et plus de 60 % de l’activité économique de la région. Le taux de croissance médian de leur PIB est passé de 6 % par an en 1995-2008 à 1,2 % par an en 2015-2018. Dans ce groupe, qui comprend les trois plus grands pays de la région (Nigéria, Afrique du Sud et Angola) et compte de nombreux exportateurs de produits de base, la croissance a été tirée par la consommation totale (privée et publique) plutôt que par l’investissement. Dans les rares cas où la croissance a été tirée par l’investissement, des inefficacités dans les dépenses d’investissement ont pu être observées. Le groupe des pays « en recul » comprend le plus grand nombre de pays souffrant de vulnérabilités macroéconomiques – à savoir, une marge de manoeuvre macroéconomique restreinte, de faibles réserves externes et une dette croissante.

Enfin, sept pays (Burundi, Comores, République du Congo, Gabon, Lesotho, Swaziland et Zimbabwe) ont continué à enregistrer de médiocres performances en matière de croissance en 1995-2008 et en 2015-2018. Leur taux de croissance médian est passé de 2,6 % en 1995-2008 à 2,1 % en 2015-2018. Certains de ces pays sont des exportateurs de pétrole (République du Congo et Gabon), tandis que d’autres sont classés comme « fragiles » (Burundi et Comores). D’un côté, c’est la consommation plutôt que l’investissement qui stimule l’activité économique dans les pays de ce groupe. D’un autre côté, les médiocres performances de la République du Congo et du Gabon s’expliquent par le ralentissement de l’investissement, reflétant probablement la baisse des prix du pétrole. En outre, certains de ces pays (République du Congo et Zimbabwe) sont confrontés à une forte vulnérabilité liée à la dette.

Le fait que, pour la plupart des pays, la reprise de la croissance soit liée au sort des produits de base – fluctuations des prix internationaux, conditions climatiques et redressement de la production – souligne la nécessité pour les gouvernements de la région de donner la priorité aux stratégies de diversification dans leur politique économique. La croissance économique doit devenir moins vulnérable aux fluctuations du prix des produits de base. Des politiques visant à favoriser les activités non liées aux ressources devront être mises en oeuvre, à travers des mesures visant à améliorer le climat de l’investissement, les infrastructures et la gouvernance. Des efforts régionaux devront également être envisagés pour promouvoir le commerce extérieur, améliorer les connexions par le biais d’infrastructures de transport et accélérer l’accès à l’électricité pour les exploitations et les entreprises africaines.

 

Selon la Banque Mondiale, les taux de croissance les plus élevés (>6% par an sur la période) devraient être observés en Ethiopie, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Ghana et au Bénin. A contrario, la croissance demeurera atone (<2% par an) en Afrique du sud et au Nigéria. L’Algérie verra sa croissance ralentir fortement.

Source: Banque Mondiale – Global Economic Prospects – Juin 2018.

Date de dernière mise à jour du graphique: Juillet 2018

 

3- Environnement des affaires

Maurice est le seul des 15 pays étudiés où l’environnement des affaires est aussi porteur que dans les grands pays industrialisés. Le Maroc atteint également un bon score. A l’opposé, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Nigéria et le Cameroun sont pénalisés par un environnement des affaires très défavorable. L’Afrique du sud et le Cameroun rétrogradent d’un niveau par rapport à l’année 2015.

carte-indice-composite-environnement-affaires

Sources: World Economic Forum, Coface; Conseil français des investisseurs en Afrique

Date de dernière mise à jour de la carte:  Janvier 2017

Accès au tableau des données quantitatives:    Excel Environnement des Affaires 240117 

Echelle de notation couleurs

 

 

 

 

4- Revenu moyen par habitant (prévision à 2030)

A l’horizon 2030, les pays d’Afrique subsaharienne devraient atteindre un revenu moyen par habitant du même niveau que celui des pays émergents d’Asie aujourd’hui.

Revenu moyen par habitant en 2030Source: EY’s attractiveness survey – Africa 2015 – “Making choices”.

5- Exportations par catégories de produits

Parmi les 15 pays étudiés, la part des produits manufacturés dans les exportations varie entre 2% (Algérie, Seychelles) et 57% (Tunisie). Les seuls pays ayant une répartition équilibrée entre produits agricoles, produits manufacturés et services sont l’Afrique du sud,  le Maroc, la Namibie, le Sénégal et la Tunisie.

Tableau ventilation pays par activites

Source: World Economic Forum (Authors’ calculations, based on data from the World Trade Organization’s Statistical Database, Time Series on Merchandise and Commercial Services 2000–2011).

6- Indice de compétitivité industrielle

L’Ethiopie est le seul des 15 pays à avoir amélioré de manière significative son classement dans l’indice UNIDO de “compétitivité industrielle” au cours des dix dernières années. L’Afrique du sud se maintient à un niveau satisfaisant. Tous les autres pays voient leur classement se dégrader ou se maintenir à un niveau médiocre. Par comparaison, la Chine et l’Inde sont remarquablement placés tandis que le Vietnam a nettement amélioré son classement.

 

Tableau Competitive Industrial Perf Index UNIDO

Echelle de notation couleurs

Source: UNIDO

Note: L’indice de compétitivité industrielle établi par l’UNIDO évalue la tendance  du classement de chaque pays sur le moyen/long-terme en matière de compétitivité industrielle. Il est composé de 8 indicateurs qui évaluent la performance industrielle à partir de la capacité d’un pays à produire et exporter des biens de manière compétitive. 142 pays ont été “notés ” en 2012.

En savoir plus sur les 8 indicateurs du CIP Index UNIDO  

 

7- Indice de compétitivité manufacturière

L’Afrique du sud et l’Egypte se trouvent aux 24e et 36e rang dans la liste des 38 pays étudiés dans le cadre de l’indice de compétitivité manufacturière (Deloitte).  Ils devraient passer respectivement aux 25e et 35e rang à l’horizon des 5 prochaines années.

 

Source: Deloitte

 

8- Coûts invisibles

8.1 Intensité des coûts invisibles sur le continent africain

Toute entreprise est soumise à trois types de coûts :

  • Les coûts directs, liés au processus de production lui-même (travail, intrants physiques, capital et énergie).
  • Les coûts indirects associés à la mise sur le marché et les coûts liés à l’environnement des affaires. Il s’agit principalement du transport et du respect de la réglementation.
  • Les coûts invisibles, qui correspondent aux pertes subies par les entreprises du fait de la mauvaise qualité de l’environnement des affaires. Il s’agit principalement des exigences des banques lors des procédures de prêts, des conséquences du manque de fiabilité des infrastructures, des excès de la réglementation, de la corruption et des problèmes de sécurité.

Alors que les coûts directs de production sont assez comparables selon les régions, les coûts invisibles sont beaucoup plus élevés en Afrique. Les différentes régions d’Asie sont également pénalisées par des coûts invisibles, mais à un niveau moindre qu’en Afrique.

Répartition des coûts directs, indirects et invisibles dans différentes régions du monde

(en % des coûts totaux de l’entreprise)

Graphique direct indirect invisible costs_Banque mondiale

 

Source: Banque Mondiale – “Benchmarking Africa’s Costs and Competitiveness” – 2010/2011.

 

8.2 Indicateur global des coûts invisibles

L’indicateur global des coûts invisibles élaboré par l’Observatoire conduit aux enseignements suivants:

  • Sur les 15 pays d’Afrique couverts par l’Observatoire, Maurice est le seul où les coûts invisibles demeurent à un niveau raisonnable, quoique supérieur à celui de la Chine.
  • Dans tous les autres pays, les indicateurs sont à un niveau médiocre et la situation s’est peu améliorée depuis cinq ans. A noter toutefois l’évolution très positive de la Côte d’Ivoire depuis trois ans.
  • Les coûts invisibles sont particulièrement élevés au Benin.
  • La situation s’est fortement dégradée en Egypte, au Bénin et en Tunisie au cours des cinq dernières années.
  • Dans les pays représentatifs des zones concurrentes, la Chine est, de loin, le pays où les coûts invisibles sont les plus faibles. Dans les quatre autres pays analysés, les coûts sont élevés.

Lien vers l’etude de cas couts invisibles_080816

Indicateur global des coûts invisibles

 

Tableau indicateur global couts invisibles

Note: Les cinq critères constitutifs de l’indicateur sont les suivants: 8.04 – « Ease of access to loans »; 2.07 – « Quality of electricity supply »; Second Pillar : « Infrastructure – A : « Transport Infrastructure »; 7.03 – « Hiring and firing practices »; 1.05 – « Irregular payments and bribes ».

Source: Observatoire Europe-Afrique 2020. Données obtenues par compilation des indicateurs du rapport “The Global Competitiveness Report” – 2015-2016 – World Economic Forum.

Date de dernière mise à jour du tableau: 11/08/2016

Echelle de notation couleurs

 

8.3 Coût économique du terrorisme

En règle générale, le terrorisme freine les échanges et l’investissement et provoque un renchérissement des coûts de la pratique des affaires dans les pays touchés. Le coût économique du terrorisme s’est notamment accru au Nigéria depuis 2011 et il y dépasse désormais la moyenne de l’Afrique subsaharienne et des pays à faible revenu. Il a également augmenté au Cameroun au cours des cinq dernières années. Le terrorisme porte également atteinte aux recettes, aux dépenses, au tourisme et à l’investissement direct étranger.

Indice du coût économique du terrorisme (2006-2015)

Graphique impact economique terrorisme_Forum Eco Mondial

Source: Forum économique Mondial

 

 

9- Pays qui attirent le plus les investissements directs étrangers

Parmi les 15 pays africains couverts par l’Observatoire, ceux qui reçoivent les flux les plus élevés d’IDE sont, par ordre décroissant: L’Afrique du sud, l’Egypte, le Maroc, le Nigéria, le Ghana et l’Ethiopie.

 

Les 15 pays qui attirent le plus d’investissements directs étrangers

Carte_Top 15 countries by FDI projects

Source: EY Africa Attractiveness Survey -2015.

Remarque: Le graphique ci-dessous permet de relativiser l’attractivité des pays d’Afrique pour les investissements directs étrangers, en inscrivant les données dans une dimension mondiale. On constate en effet que l’Afrique du sud est le seul pays africains à s’inscrire dans la liste des 25 pays les plus attractifs du classement “FDI Confidence Index” du cabinet A.T Kearney. Elle avait quitté le classement ces dernières années et a été réintégrée en 2017 avec le 25e rang. 

Source: A.T Kearney- “2017 Foreign Direct Investment Confidence Index”.

 

10- Secteurs qui attirent le plus les investissements étrangers

Technologie, médias et télécommunications (TMT)
Près d’un cinquième des projets d’investissements africains en 2014 étaient en TMT. L’Afrique du Sud était la première destination, suivie par le Nigéria, le Maroc et le Kenya. Les entreprises américaines ont plus que doublé leurs projets d’IDE dans ce secteur en 2014. IBM a annoncé en février 2014 qu’il ouvrirait des centres d’innovation au Maroc et au Nigeria, travaillant sur les grandes bases de données, l’analyse et le “cloud computing”
.

Services financiers
Le secteur des services financiers est le deuxième secteur en termes de nombre de projets. Il est de plus en plus alimenté par les investissements intra-africains. L’année dernière, environ 40% des projets de services financiers transfrontaliers ont été lancés par des entreprises africaines. Les banques régionales et les prestataires de services financiers adoptent de plus en plus une approche panafricaine pour capitaliser sur un marché très sous-développé: seuls 25% des adultes en ASS ont des comptes bancaires contre une moyenne mondiale de 51%. Parmi les investisseurs intra-régionaux, les entreprises sud-africaines ont dirigé 16 projets.
Les banques les plus importantes du pays, Barclays Africa, FirstRand, Nedbank et Standard Bank ont ​​toutes poursuivi des stratégies d’expansion à l’échelle de l’Afrique au cours des dernières années, comme Ecobank (Togo) et la banque Attijariwafa (Maroc).

Produits de consommation et commerce de détail (RCR)
Les investisseurs étrangers ont lancé 103 projets de RCR en 2014, ce qui en fait le troisième secteur préféré pour l’IDE. Un projet moyen de RCR créée 576 emplois, contre 237 en 2013. Les entreprises d’Europe occidentale ont dépassé celles de l’Asie-Pacifique pour devenir les initiateurs principaux des projets de RCR. L’Egypte était la première destination, avec 19 projets, mais les projets de RCR au Kenya, au Nigeria et en Afrique du Sud ont diminué.

Les secteurs qui attirent le plus les investissements étrangers

FDI en Afrique

Source: EY-africa-attractiveness-survey – 2015

Sigles utilisés dans le schéma ci-dessus: TMT: Technology, Media and Telecommunications; CPR: Consumer products and Retail; RHC: Real Estate, Hospitality and Construction; DIP: Diversified Industrial Products.

 

11- Niveau de performance des places financières africaines (index GFCI)

Trois villes africaines font partie de la liste des 87 places financières les plus performantes au plan mondial. A l’exception de Casablanca, leur niveau de performance a toutefois tendance à se dégrader.

Positionnement des places africaines dans le classement GFCI

des 87 places financières les plus performantes au plan mondial

Classement GFCI 20 (rang 2016) Classement GFCI 19 (rang 2015)
Casablanca 30 33
Johannesburg 59 51
Mauritius 79 73

Source: “The Global Financial Centres Index” – Septembre 2016 – Z/Yen Group (London) / China Development Institute (Shenzhen).

 

12- Risque de crédit / Notation de la dette (Fitch, Moody’s, Standard and Poor’s)

Les pays les mieux “notés” sont l’Afrique du sud, le Maroc et Maurice. A l’opposé, le Cameroun, l’Egypte, l’Ethiopie, le Ghana, le Kenya et le Nigéria présentent un risque élevé sur le remboursement de leur dette. Toutes les variations observées depuis 6 mois sont à la baisse. Elles concernent le Kenya (Moody’s: B1 –> B2), la Namibie (Moody’s: Baa3 –> Ba1; Fitch: BBB- –> BB+), l’Afrique du sud (Standard & Poor’s: BB+ –> BB) et la Tunisie (Moody’s: B1 –> B2). A contrario, la situation s’est améliorée dans les pays comparateurs, en Chine (Standard & Poor’s: AA- –> A+), en Inde (Fitch: BBB- –> BBB) et en Serbie (Standard & Poor’s: BB- –> BB); Fitch: (BB- –> BB).

 

Source: Trading Economics.

Date de dernière mise à jour du tableau: Mars 2018.

Note: La grille de couleurs utilisée pour le tableau ci-dessus est basée sur l’indice “The Trading Economics credit rating (TE Rating)” sur une échelle de 0 (risque très élevé) à 100 (pas de risque). La correspondance entre les barèmes des agences de notation et le “TE rating” est indiquée dans le tableau suivant.

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